2 ) Datation, autopsie,, traces de violence, circonstances du décès et identification du corps

Quand un décès intervient sans témoin, l'un des premiers objectifs des enquêteurs est de déterminer avec le plus de précision le moment, heure ou jour auquel il est survenu. Une information qui peut être cruciale notamment pour écarter ou inclure des suspects. Mais contrairement aux idées reçues, même pour le légiste, cette estimation n'a rien d'une science exacte. 

a) La datation du corps:

La température du corps baisse d'environ 1 degrés par heure jusqu'à l’équilibre avec la température extérieure. La prise est effectuée au moyen de sondes thermométriques qui recherchent une température interne sur une profondeur d'au moins 10 centimètres. Les zones externes des extrémités refroidissent en effet beaucoup plus vite. Mais plusieurs critères doivent être pris en compte avec cette méthode. La vitesse de refroidissement dépend aussi de la corpulence, de la masse graisseuse, du volume de la perte de sang, de l’épaisseur des vêtements, de la situation du corps (surface, exposition aux courants d'air s'il est retrouvé à l’extérieur). La mesure de la température au niveau des tympans peut aussi constituer une technique fiable si la température des lieux est constante. En tout état de cause, la fourchette de datation est d'autant plus précise que la mesure intervient rapidement après le décès. 

De nombreux caractères peuvent indiquer la date, l'heure de la mort de l'individu:

L'examen des yeux: 

Dans les minutes qui suivent la mort, une fine membrane se forme sur l’œil, et le globe oculaire se ramollit à mesure que la pression interne diminue. Si l’œil est resté ouvert, le cristallin s'opacifie en moins de trois heures. Un fond de l’œil peut aussi révéler un changement plus subtil: les globules rouges continuent à bouger pendant quelques heures dans les capillaires rétiniens.

La rigidité cadavérique: 

Entre une demi-heure et trois heures après le décès, les muscles commencent à se raidir, ce que l'on appelait jadis "rigor mortis". Cela commence avec les paupières et la mâchoire, puis s'étend à tout le corps en 6 à 12H, dure de 6 à 12h, puis disparaît également en 6 à 12h. Un certains nombres de facteurs peuvent affecter la rigidité cadavérique: les basses températures peuvent l’empêcher de se développer, et des muscles très actifs juste avant le décès peuvent se raidir plus rapidement.

Le verdissement de la peau: 

Approximativement 48h après le décès (selon la température ambiante); l'action des bactéries donne à la peau du cadavre une coloration verte, sauf pour les personnes au teint foncé. Cela commence par le bas de l'abdomen, puis de propage, atteignant les mains et les pieds en dernier. En 4 à 7 jours, la peau prend une apparence marbrée, et les veines deviennent de plus en plus visibles.

Indices extra-corporels: 

Outre les indications fournies par le corps lui-même, d'autres facteur peuvent donner des indications importantes: l'environnement dans lequel il a été trouvé ou l'emploi du temps habituel de la victime. Plus le temps entre la mort et la découverte du corps aura été long, moins les indication donné par l’état du corps seront précises. Des précisions importantes pourrons être apportées par la météo ou la présence d'insecte, ainsi que par les détails personnels concernant les activités de la victime. 

Quand est-il mort: 

En dehors des indications purement physiques, l'analyse chimique pourra aider le médecin légiste à déterminer le temps écoulé depuis le décès. Le test le plus habituel est le prélèvement de l'humeur vitrée, la gelée transparente contenue dans les globes oculaires. Le taux de potassium est assez bas dans l’œil, mais il augmente après la mort à une vitesse connu. Les tests biochimiques semblent plus objectifs que les autres méthodes, mais leur précision peut induire en erreur. Toutes les techniques d'estimation de l'heure de la mort sont approximatives, et les médecins légistes responsables tempèrent leurs résultats en donnant aux enquêteurs une fourchette de probabilité qui reflète le manque de précision qui caractérise ce type de recherches.

La température corporelle: 

Une façon simple d'estimer le temps écoulé depuis le décès est la prise de température interne (et pas celle des extrémités, toujours plus froides). La température corporelle chute en moyenne de 0,8 °C toutes les heures, mais la température ambiante, les vêtements, l'humidité, les courants d'air et la taille du corps peuvent accélérer ou ralentir le refroidissement.

La congestion hypostatique:

Quand le sang arrête de couler, il tend à descendre, congestionnant les parties les plus basses du corps. Ce processus, qui conduit à la lividité des parties les plus hautes, est aussi appelé hypostase, et arrive à terme en à peu près 6 heures. Une légère pression suffit à le réduire.

Le tube digestif:

Les aliments contenus dans les système digestif de la victime livrent d'importantes données sur l'heure de sa mort (spécialement quand on connaît l'heure de son dernier repas), mais ne permettent pas de la fixer précisément. Les nourritures lourdes (viandes) restent plus longtemps dans l'estomac que les aliments légers, et la vitesse de digestion est affectée par la maladie, la peur, la boisson, les traitements médicaux et les drogues.

Évolution de la température rectale en fonction du temps

La mouche dans sa croissance passe par different stades. Par exemple, celui de la mouche calliphora vicina dont le cycle de vie dure environ dix huit jours, à une temperature moyenne de 24°C. Une fois que la mouche  a pondu ces oeufs (près de 300 à chaques pontes), ceux ci vont se transforme; les oeufs deviennent des larves en 24 heures, les larves deviennent des pupes en onzes jours et les pupes deviennent des mouches en 6 jours. 

Cycle mouche

b) L'autopsie

Elle dure de 1 heure et demie a 5 heures en fonction de l’état du corps. Le légiste recherche, observe et interprète toutes les lésions, externes et internes, du corps pour tenter de répondre aux questions des enquêteurs et des magistrats.

Le médecin légiste n'est pas seul dans la salle d'examen. Il est généralement accompagné d'un technicien anatomiste qui prépare le corps et lui sert d’assistant. Un officier peut prendre des échantillons de matériaux incrustés dans la peau avant la toilette du corps, et un photographe prend des clichés de tout le processus. Dans le cas de meurtre, un témoin de la police peut aussi être présent.

Avant le début de l'autopsie, le légiste prélève une mèche de cheveux, puis coupe les ongles ou racle ce qu'il y a en dessous. L'analyse ADN des ces échantillons peut aider à identifier un assaillant et relever des traces de poisons ou de drogues. Des prélèvements des muqueuses buccales, rectales et génitales sont réalisés avant dissection, et le légiste note toute les marques externes de la peau : blessure, tatouages et cicatrices, qui peuvent d'ailleurs aider à identifier le cadavre si son identité est inconnue.

Parfois, des tests toxicologiques et histologiques (l’étude microscopique des tissus) sont indispensables avant de se prononcer sur la cause du décès. L’écriture du rapport suit aussi des règles précises : les médecins légiste ne se bornent pas à détailler leur intervention, ils doivent aussi présenter leurs trouvailles selon leurs contexte et celui de l’enquête, afin que le rapport puisse servir de preuves face à un tribunal.

Inspection externe :

Les blessures externes, marques et autres taches peuvent influencer sur l'ordre de l'autopsie : le légiste commence donc par un examen attentif du corps. Les blessures mortelles sont souvent visibles, mais des signes subtils peuvent suggérer une mort non naturelle.

L'incision simple :

Si la mort semble naturelle, on pratique une découpe simple au niveau du torse et prélève les organes internes pour examen. Cette procédure similaire à l'autopsie Medical cherche à enregistrer la progression d'une maladie cherche à enregistrer la progression d'une maladie plus qu'à établir la cause du décès.

Les morts suspectes :

Dans le cas d'une victime de crime, le légiste pratique une incision en T ou en V qui donne un meilleur accès aux cavités corporelles. En cas de blessures à la tête ou au cou, c'est là qu'il commencera avant d'ouvrir le thorax ou l’abdomen.

Les grands organes :

La découpe de la cage thoracique permet d'en ôter le plastron. Certains légistes prélèvent cœur, poumons, œsophage et trachée ensemble ; d'autre séparément. Les organes de l'abdomen et des échantillons des fluides internes sont prélevés pour fin d'analyse.

La tête :

Découper la calotte crânienne, les nerfs et les vaisseaux sanguins permet de prélever le cerveau. L’étude à l’œil nu ne révèle rarement grand chose, mais l'examen de tranche fines au microscope peut indiquer des contusion ou des micro caillots de sang.

Poids et mesure :

Le légiste pèse les organes immédiatement après prélèvement. Suivant les cause du décès qui sont suspectées, des échantillons peuvent être prélevés sur les organes en vue d'analyse histologiques, ce qui permet une étude plus complète du corps.

A mesure que la décomposition détruit la plupart des indices que les légiste emploient pour déterminer l'heure de la mort, elle en ajoute de nouveaux. Sur les millions d’espèces d'insecte connues, seule une petite centaines s'attaquent aux cadavres, et les infestations suivent un ordre précis. En identifiant les vers, mouches et autres coléoptère présents sur le cadavre et leurs stades de développement, de la larve à la nymphe, les entomologiste judiciaires peuvent préciser le jour de la mort d'un corps découvert trois ou quatre semaine.

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Incision préliminaire

c) Les traces de violence

Le meurtre laisse des marques. Quel que soit le degré d'expertise du tueur, il laissera toujours des trace de violence sur le corps de sa victime. Lors de l'autopsie, le légiste suivre ces traces comme des symboles sur une carte qui le mène à la cause, afin de confirmer, ou de réfuter, la suspicion d'homicide.

L'hemoragie cérébrale :

Lors de l'autopsie, il peut n'y avoir aucune trace extérieure indiquant l’hémorragie cérébrale ayant entraîné la mort, mais l’examen interne (ou ici le scanner) révélera le caillot.

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Les impacts de balle :

Les détails d'une blessure par balle peuvent apporter des informations quant aux circonstance de la mort : elle peuvent éliminer le suicide, mais pas le prouver : leur taille peut indiquer le calibre de l'arme, et d’éventuelles brûlure de la peau peuvent indiquer un tir à bout portant.

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Les contusions :

Les contusions au hématomes apparaissent quand un choc violent fait éclater les vaisseau capillaire. Leur forme peut indiquer la direction de l'impact, et leur couleur le temps qui s'est écoulé. A mesure qu'elles guérissent leur couleur passe du rouge-violet au bleu-vert avant de tourner au jaune. Interpréter les contusions est difficile car leur évolution varie selon les personnes, même après la mort.

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Les luttes pour le couteau :

Si une victime de coups de couteau présente des coupures aux mains, le légiste opérant l'autopsie peut en déduire qu'elle a tenté de se défendre, ce qui pourrait avoir amené l’agresseur à être blessé lui aussi.

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Les lacérations :

Un examen rapproché des lacérations peut révéler de nombreux détails sur l'arme utilisée. Dans le cas de couteaux, pourtant, les estimation de la largueur de la lame sont souvent peu fiable, car elle peu avoir été bougée dans la plaie.

Le fusil de chasse :

A bout portant, le fusil de chasse ne laisse qu'une grande blessure. A distance, il laissera un « mouchetis de blessure individualisé ». Les enquêteurs demandent souvent au légiste de déterminer cette distance en se fondant sur la distribution des impacts, mais plusieurs facteurs, comme le type de fusil et le calibre des munitions, voire ma température, rendent ces estimations hasardeuse.

Les coups de couteau :

La forme de la blessure peut révéler si la lame était à 1 ou 2 tranchants. L'angle de l'entrée peut permettre d’écarter une mort accidentelle (et éventuellement indiquer si le tueur était droitier ou gaucher) alors que la profondeur de la blessure pourra suggérer le degrés de force employé, une notion importante quand il s'agit de caractériser la volonté de donner la mort.

La strangulation:

La ligature (corde, câble, ou autre) et la strangulation manuelle produisent des traces distinctive de contusion au niveau de la gorge. La plupart des cordes laissent des traces évidentes, mais certains cordons souples peuvent ne laisser que des marques très discrètes. Des lors, c'est la contusion des la couche sous-cutanée, révélée à la dissection, qui permettra de rendre un verdict.

d) Les circonstance du décès

Les circonstances dans lesquelles le corps a été découvert peuvent indiquer clairement les causes du décès. Mais qu'arrive-t-il quand les indices superficiels ne sont pas concluants ? Dans ces cas-là, l'autopsie pourra permettre de se prononcer sur les causes de la mort, et parfois de découvrir qu'une mort en apparence accidentelle était en fait un homicide déguisé.

Déterminer si la mort est naturelle ou accidentelle, suicide ou meurtre, n'est pas du ressort du médecin légiste. Mais découvrir la cause précise de la mort, par exemple un coup de feu à la tête, est de son ressort: il va réunir les indices qui lui permettrons d'indiquer des directions aux enquêteurs. Les trois exemples ci-contre montrent les processus de déduction employés à cet effet.

Si la victime est morte par noyade, le légiste recherchera des signes indiquant qu'elle a désespérément tentée de reprendre son souffle, comme des saignements et de l'eau dans les poumons. Ceci et d'autres indices, comme des feuille morte, de la vase dans les mains, des diatomées (algues unicellulaires) donnent à penser que la noyade était accidentelle. Si le mort n'a pas d'eau dans les poumons, son corps a donc était jeté dans l'eau post-mortem.

si la victime est morte brulée, il cherchera des cendres et du monoxyde de carbone dans les conduits respiratoires et le poumons ( un corps est brûlée que partiellement il reste toujours des muscles, des dents...). Si il n y a pas de monoxyde carbone dans les poumons, le medecin légiste conclura que la victime était déjà morte avant d'être brûlée et que c'était juste pour faire disparaître le corps et les preuves par la même occasion, ce qui prouve donc que cela a été prémédité. Le medecin legiste recherche donc des blessures ayant tué l'individu par l'intermédiaire de radio ainsi on peut connaître les causes de la mort.

 

 

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